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Max de Sarah Cohen-Scali janvier 2, 2013

Filed under: Coup de coeur — mediathequelestroubadours @ 4:07

Max naît le 20 avril 1936 à Steinhöring, en Bavière, dans un « Lebensborn », autrement dit un foyer où des femmes sélectionnées, conformes aux critères aryens, mettent au monde des enfants qu’elles offrent au Führer, et donc au IIIème Reich, afin d’œuvrer à la prolifération de la race aryenne en Allemagne et en Europe. L’on suit ainsi de sa naissance à ses neuf ans le devenir de cet enfant, par la suite rebaptisé Konrad, fruit du nazisme dont il se veut un fidèle représentant, avant d’assister à sa brutale prise de conscience suite à la rencontre de Lukas, jeune garçon polonais kidnappé par les nazis, qui viendra ébranler, non seulement par son physique mais aussi par l’amitié qu’il lui témoigne, des croyances idéologiques jusqu’alors fortement ancrées.

C’est en premier lieu la couverture qui m’a intriguée et attirée vers ce livre. Provocante, elle a le mérite d’annoncer clairement la couleur :  le foetus ici représenté n’a rien du petit être parfaitement innocent mais est le plus pur produit de l’idéologie nazie. Premier enfant conçu dans un « Lebensborn », Max aspire d’ailleurs à devenir le prototype parfait de la race aryenne et c’est lui-même qui, très précocement, nous fait part de ses convictions et de ses ambitions en utilisant des termes volontairement provocateurs (le moins que l’on puisse dire c’est qu’il ne donne pas dans le politiquement correct!) puisqu’il est le narrateur de ce récit (avant même sa naissance!). Ce choix audacieux de la part de l’auteure s’avère plutôt déroutant et dérangeant pour le lecteur – comment accepter de tels propos, qui plus est dans la bouche d’un enfant ?- mais ne démontre que mieux à quel point l’idéologie nazie a corrompu l’être humain au plus profond en s’attaquant aux enfants. Glaçant.

Par ailleurs, ce roman historique très bien documenté a également le mérite de mettre en lumière des faits souvent insuffisamment connus et étudiés : l’existence des Lebensborn en Allemagne, en Autriche, au Danemark et en Norvège, l’enlèvement des enfants polonais destinés à être « germanisés », les Jeunesses Hitlériennes, le dénuement et la terreur qui régnaient en Allemagne après la chute du IIIè Reich. A sa manière, Sarah Cohen-Scali dénonce les exactions commises à l’égard des enfants durant la Seconde Guerre Mondiale, y compris à l’égard des enfants allemands également victimes d’eugénisme.

NB : Par les sentiments contradictoires qu’il provoque chez le lecteur, par la réflexion qu’il requiert et entraîne tout à la fois, ce roman de littérature jeunesse se voit plutôt destiné aux adultes et adolescents à partir de 15-16 ans.

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